Booster l’employabilité à travers le Blended Learning, pourquoi et comment ? Retour d’expérience de Proactech

Booster l’employabilité à travers le Blended Learning, pourquoi et comment ? Retour d’expérience de Proactech

 

Si l’efficacité du Digital Learning dans les pratiques de formation n’est plus à prouver, il est des domaines dans lesquels la mise en place de dispositifs de Digital Learning est déterminante : l’employabilité, la promotion de l’entreprenariat chez les jeunes et plus généralement les programmes de renforcement de capacité des jeunes. Cet article a pour objectif de donner les grandes lignes de l’expérience menée par Proactech dans la mise en place de dispositifs de Blended Learning au profit de chercheurs d’emploi dans 4 villes éloignées géographiquement des centres économiques névralgiques du pays.

Contexte et objectifs :

Généralement, les villes concernées connaissent un fort taux de chômage principalement lié à deux phénomènes : 1-une faible création d’entreprise et une forte dépendance du secteur public et des offices, 2- un manque d’adéquation entre les formations académiques et les besoins du marché du travail, et ce à la fois pour les formations métiers spécifiques et pour les compétences transversales et comportementales.

Compte-tenu de la forte hétérogénéité des profils des demandeurs d’emploi et de leurs aspirations et des contraintes géographiques et financières de ces jeunes, la formation en salle ne peut répondre massivement, à elle seule, à tous ces défis et rester efficace.

Ainsi, le dispositif en blended learning a pour objectifs de :

  • Structurer les programmes de formation par matière selon des référentiels de compétences communs
  • Améliorer l’efficacité de la formation à travers la diversification des méthodes d’apprentissage, l’approche par compétence et l’individualisation des parcours
  • Augmenter le nombre de bénéficiaires en baissant le volume horaire en classe
  • Faciliter l’évaluation et l’amélioration de l’impact du programme à travers les indicateurs de suivi de la plateforme
  • Centraliser la gestion de l’accueil, des apprentissages et du suivi post-formation afin d’effectuer des analyses multicritères sur l’évolution par profils
  • Accompagner les demandeurs d’emploi dans leur autonomisation et la prise en main de leur propre formation continue individuellement et en groupe.

Les thématiques de formation concernées :

Les compétences prioritaires pour de tels dispositifs :

  • Les compétences digitales transverses (bases informatiques, réseaux sociaux, bureautique, etc.)
  • Les compétences comportementales (intelligence émotionnelle, communication, etc.)
  • Les techniques de recherche d’emploi
  • Les langues
  • Les métiers du digital pour les chercheurs d’emploi qui ont la volonté d’effectuer une reconversion vers les métiers du digital plus porteurs que les métiers traditionnels
  • Formations métiers spécifiques

Les facteurs clés de succès :

  • Obtenir l’adhésion des formateurs et les accompagner dans la montée en charge dans l’utilisation de la plateforme. Le staff pédagogique est le meilleur allié d’un programme de blended learning. Si les formateurs ne sont pas pleinement convaincus du bien-fondé du blended learning pour eux-mêmes et pour le programme, ils ne pourront a fortiori pas motiver les apprenants pour aller dans ce sens et ne collaboreront pas efficacement. Il faut donc prendre le temps de rassurer, de former et d’accompagner de très près au début.Ainsi leur contribution se situe à trois niveaux :
  1. Organisation des parcours de formation en blended learning
  2. Enrichissement du contenu de formation par des formations propres
  3. Suivi et motivation des apprenants.
  • Intégrer le digital learning avec les programmes de formation existants selon un savant dosage. La première année, on vise généralement un taux de transformation à distance de 10% pour ensuite aller crescendo. Cette intégration dépend du taux de digitalisation du parcours global et doit être définie dans les ateliers de travail avec les formateurs. A partir d’un référentiel de compétence, un format pédagogique est défini pour chaque compétence.

La modalité d’apprentissage dépend également de l’autonomie des apprenants. Pour des apprenants diplômés par exemple, on pourra proposer un dispositif à distance plus rapidement que pour des jeunes décrocheurs pour lesquels il faudra d’abord organiser des séances de digital learning en salle pour ensuite une prise d’autonomie progressive.

Généralement, sera transposé en digital tout ce qui a trait aux connaissances standards ou théoriques comme, dans le cas des langues, la compréhension écrite et orale, voire la production écrite avec la correction d’un formateur sur la plateforme. En salle, on se concentrera sur la production orale, les simulations en contexte et les questions/réponses.

  • Evaluer, évaluer et évaluer :

L’évaluation est primordiale pour garantir l’efficacité du processus. Si l’évaluation elle-même peut être tenue, soit en salle soit en autonomie sur la plateforme, il est important que les résultats de l’évaluation, soient eux, directement renseignés sur la plateforme dans le cadre de la centralisation de données.

  1. Au début, un profiling des apprenants est effectué  à travers des entretiens et questionnaires de diagnostic psychologique sur la plateforme.
  2. Test de positionnement matière par matière et constitution des groupes de niveau
  3. Affectation des parcours de formation pour remplir les gaps de compétences
  4. Tests d’acquisition des compétences et programmation de la remédiation
  5. Evaluation de la mise en pratique de l’apprentissage à travers des projets et des compétitions
  6. Evaluation du travail des animateurs : Activités sur la plateforme, échanges avec les apprenants, qualité des activités réalisées
  7. Evaluation globale du programme : Taux de participation, taux d’acquisition des compétences, taux d’insertion
  8. Ajustements : au niveau du pourcentage d’activités à transposer en blended, de l’encadrement des tuteurs à travers la plateforme, au niveau de la difficulté des évaluations, ajout de contenus, etc.
  • Contenus et plateforme e-learning doivent répondre à des exigences élevées en termes de qualité de contenu, d’interactions, de cas pratiques, de rendu graphique et de ludification afin de garantir à la fois la pertinence pédagogique et la motivation des apprenants. Pour accompagner efficacement les chercheurs d’emploi, il y a besoin d’opérer une rupture dans les approches pédagogiques pour les aider à combler leurs lacunes et reprendre le goût d’apprendre et de se surpasser.

 

  • Dernier point qui nous paraît primordial, la plateforme LMS et les contenus doivent pouvoir s’adapter, tant sur le niveau des fonctionnalités que sur le niveau du contenu, que ce soit pour proposer la modalité de formation la plus adéquate aux apprenants ou pour remonter les indicateurs statistiques les plus pertinents dans les tableaux de bord de chaque profil.

Ainsi, et pour conclure, la réussite d’un tel projet comme la réussite de tout projet relatif au développement de capacité, nécessite à la fois une ingénierie efficace, une plateforme ergonomique et flexible et des contenus adaptés et surtout l’adhésion totale du staff pédagogique.

Il existe d’autres initiatives dans le monde, notamment portées par de grands groupes comme le groupe Accenture à travers leur programme Skills to Succed.

 

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